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lundi 5 mai 2014

Histoires de couv'

Puisque mon projet Birth of a Pirate sera bientôt complet et prêt à être publié, je me pose régulièrement la question de la couverture. C'est important, une couverture. C'est le premier contact du lecteur avec le livre, c'est l'élément qui peut le pousser à acheter l'ouvrage en question, ou au contraire le faire fuir à grands pas. Et c'est vachement plus difficile à choisir que ça en a l'air.

Comme je suis dessinatrice, naturellement, ma première impulsion a été que j'allais l'illustrer moi-même, cette couv. Après tout, je suis en train de fabriquer ce livre de A à Z avec mes blanches mains, alors ce serait assez classe de boucler la boucle en créant même la couv. Ceci dit, je ne suis pas sûre que mon style de dessin corresponde à ce que je recherche pour ce cas précis. Mon style n'est pas réaliste. Il est plutôt BD franco-belge, voire illustration jeunesse. Et je ne veux pas de feeling "jeunesse" sur la couverture de Birth of a Pirate. Même si le roman peut certainement être lu par des jeunes (tout comme les films de la trilogie Pirates of the Caribbean peuvent être vus par des jeunes), je tiens à me démarquer des bouquins de la série Young Jack Sparrow de Rob Kidd, qui, eux, étaient clairement destinés aux gamins. J'aime à penser (à tort, peut-être) que mon roman à moi peut parler à des adultes autant qu'à des ados, de la mème manière que les films de Gore Verbinski peuvent plaire à tout âge. Je cherche donc une couv' qui serait adaptée à cet aspect "tout public".

Alors si la couv doit comprendre une illustration, je verrais plutôt un style réaliste. Pas photoréaliste, mais en tous cas beaucoup plus réaliste que le mien. L'illustratrice qui me vient spontanément à l'esprit est la très douée Magali Villeneuve (dont je ne pourrai certainement pas me payer les services, on est d'accord). Un exemple de ses travaux :

 © Magali Villeneuve

La question, pour autant que j'engage un illustrateur pour me dessiner ma couv, est : que va-t-il y avoir dessus ? C'est un choix difficile. D'autant plus difficile que depuis que j'ai reçu mon exemplaire de The Price of Freedom de A.C. Crispin, je suis plus ou moins inconsciemment influencée par la couverture ce ce bouquin – elle est sublime, soit dit en passant. Comme avec le titre, c'est le genre de couverture que j'aurais aimé utiliser moi-même si elle n'avait pas déjà été prise. Elle irait parfaitement avec mon roman, puisque les navires et le voyage en mer y occupent une place prépondérante, comme dans toute histoire de pirates digne de ce nom, hein.


Il est intéressant de noter que cette couv, choisie par Disney et représentant le Wicked Wench (le navire de Jack), n'était pas la première version créée. À la base, ils avaient opté pour une illustration en noir et blanc qui représentait un jeune Jack Sparrow à bord d'un navire, avec les traits de Johnny Depp très clairement reconnaissables. Je ne sais pas exactement pourquoi cette version a été abandonnée – je crois que Disney a pensé que ce jeune Jack, qui n'a pas encore le look qu'il a dans les films, ne serait pas identifiable du premier coup d'œil (mais enfin, un navire vu de loin n'est pas non plus reconnaissable du premier coup d'œil, je dirais). Bref, du coup, ils ont mis la fameuse tête de mort sur la quatrième de couv, le logo de la saga Pirates en quelque sorte. (Il me semble avoir lu que la première version a également posé problème à Johnny Depp, qui n'était pas très enthousiaste à l'idée de voir sa propre tête sur le bouquin – mais je ne sais pas si cette rumeur est vraie ou non). Pour ma part, je trouve les deux couv très belles, mais il est clair que le plan d'ensemble sur le Wicked Wench traduit un côté "épique" devantage qu'un plan rapproché sur un personnage.


Au niveau du style d'illustration, je pensais à quelque chose de ce genre pour ma propre couv (mais en couleurs, plutôt). Ceci dit, je pense que je préfère un plan d'ensemble, un "décor", plutôt qu'un personnage ou une scène du bouquin. C'est comme pour les affiches de films : je préfère quand on voit quelque chose de plus général, et pas les têtes des acteurs alignées en haut de l'affiche. 

Mais en termes de décor, que choisir ? Le bateau, c'est hors de question, je ne vais pas reprendre l'idée de The Price of Freedom (eh merde, si j'avais publié mon roman plus vite et avant celui d'Ann Crispin, j'aurais eu la voie libre !). Alors quoi ? Quels sont les lieux emblématiques de Birth of a Pirate, ou tout simplement les lieux où se déroule l'action ? Nous avons Shipwreck Cove (mais le lieu joue un rôle assez secondaire dans le bouquin). Nous avons les îles caraïbes, avec cocotiers et sable blanc (mais ça ferait ressembler le livre à une brochure d'agence de voyage). Nous avons les rues pluvieuses de Londres (mais Jack quitte Londres vite fait bien fait après les premiers chapitres, et Londres n'est pas un décor très piratesque, avouons-le). Hélas, le plus clair de l'action se passe à bord de divers navires – le Wench, le Pearl, le Juggernaut, et tous les autres bateaux sur lesquels Jack passe plus ou moins de temps au cours de ses aventures. Une fois les navires rayés de la liste, il ne reste plus quarante solutions... Et il faut tout de même que le lieu représenté ait une raison d'être, une vraie signification. S'il s'agit d'un endroit où le roman ne s'attarde pas plus que cinq minutes, ce n'est pas la peine. Pour le moment, j'ai beau chercher, le décor parfait pour la couv ne me vient pas à l'esprit.

Et si je décide d'oublier l'idée du décor, alors quoi ? Dois-je faire la part belle aux personnages sur la couverture du roman ? Faut-il que Jack Sparrow en soit le point central, et si oui, à quelle étape de l'histoire doit-on le représenter ? On a le Jack employé de la East India Trading Company, en uniforme bleu et blanc, les cheveux bien sagement attachés dans la nuque. Ou alors le Jack post-East India Co., celui qui commence à fréquenter le milieu de la flibuste et qui troque l'uniforme contre chemises en lin, pantalons à rayures et bottes à revers. Lequel choisir ? Et quid des autres personnages susceptibles d'apparaître sur la couv ? Beckett, Bill Turner, Barbossa, Teague, Davy Jones... Autant de personnages qui pourraient y figurer, sans compter les personnages que j'ai créés moi-même et qui ont également un rôle important à jouer dans le roman. Mais je suis assez réticente à l'idée de représenter des personnages sur la couv. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il y a un côté "jeunesse" qui transparaît très souvent de couvertures "à personnages"...

Je me suis même demandé si une illustration est la bonne solution tout court. Généralement, en matière de graphisme, je suis assez adepte du less is more, de lignes très épurées, de polices de caractère simples et sans fioritures. Puisque j'aimerais que la couverture de Birth of a Pirate soit dirigée (aussi, voire avant tout) vers un public adulte, serait-il judicieux d'opter pour une couv sans image, avec juste du texte et un peu de graphisme, à l'image de nombreux livres de poche pour adultes ? Un truc comme ceci, par exemple :

  

C'est simple, c'est joli, c'est efficace, c'est tout ce que j'aime. Mais encore une fois, je m'interroge... Une couv de ce genre ne perdrait-elle pas l'aspect tout public/avenure/Disney du roman ? Après tout, on parle de Pirates of the Caribbean. On parle de pirates, de bateaux, de monstres marins, d'aventures et d'humour, destinés aux grands et aux petits. Avec une couverture très sobre comme les deux ci-dessus, je vise clairement les adultes, mais je perds les ados et les plus jeunes, c'est quasi-certain. Je pense que ce genre de couv ne correspond pas à l'univers, à la "ligne éditoriale" de la saga Pirates.

Bref, beaucoup de questions et beaucoup de prise de tête, et aucune réponse pour le moment ! Il faut que je prenne le temps de réfléchir, de faire des croquis, d'en parler autour de moi (bien que pour l'instant, je tente de garder le secret sur cette publication, c'est la surpriiise !). Je finirai bien par trouver. En attendant, comme toujours, toute suggestion est la bienvenue !

jeudi 24 avril 2014

De l'art de trouver un (bon) titre


Si vous vous êtes déjà lancé dans la conception d'une œuvre – que ce soit un film, un roman, un poème, un scénario, une BD ou autre – vous avez déjà été confronté à la lourde tâche de trouver un titre pour votre projet. Ça peut paraître une bien mince affaire, genre la petite touche finale après des mois/années/décennies de travail à la sueur de notre front, mais en ce qui me concerne, c'est tout un art. Et c'est difficile. D'autant plus que le titre, c'est le premier contact du vaste monde avec notre œuvre – s'il est moisi, ça va décourager les lecteurs/spectateurs potentiels en moins de deux. Il faut que le titre attise la curiosité du lecteur, qu'il en dévoile juste assez sur l'intrigue pour donner envie sans toutefois spoiler quoi que ce soit.

Du coup, on ne peut qu'admirer les petits génies qui ont pondu des titres absolument mémorables – applaudissements et confettis pour le J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian, une grande óla pour le A Clockwork Orange de Anthony Burgess (Orange Mécanique en français, ce qui sonne pas mal non plus), et une montagne de cupcakes pour Stanley Kubrick et son Dr. Strangelove, Or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb. Voilà le genre de titre qui donne immédiatement envie, vous en conviendrez.


La question du titre, je me la pose sans cesse depuis que j'ai décidé de publier une version papier de mon roman. Jusqu'à présent, il s'appelait Birth of a Pirate. Un titre que je lui avais donné tout au début, alors que je publiais le premier chapitre en ligne – un titre qui m'était venu spontanément, comme ça (en anglais parce que c'est toujours plus classe en anglais, on est d'accord), et que j'ai toujours gardé depuis sans vraiment réfléchir à sa qualité. Lorsque j'ai attaqué le tome 2 de l'histoire, j'ai inventé un titre dans la lignée du premier : A Pirate's life for Jack. Je voulais rester sur de l'anglais, et je voulais réutiliser le mot "pirate", puisque c'est quand même de ça que ça cause.

Sauf que voilà, je ne suis pas convaincue de vouloir/pouvoir garder ce titre pour la publication du livre. Premièrement parce que les titres en anglais prêtent à confusion – on aurait tendance à penser que le contenu du bouquin est en anglais aussi. Deuxièmement parce que même si ça sonne clairement bien, il y a comme un petit côté snob à utiliser la langue de Shakespeare au lieu de notre bon vieux français. Je me retrouve donc à devoir changer de titre, et en même temps ça m'embête : tous mes lecteurs qui avaient suivi l'histoire sur Internet la connaissent sous ce nom de Birth of a Pirate. Ce titre, c'est l'identité du roman, et le changer empêchera les "habitués" de s'y retrouver...

Bref, je suis en pleine recherche d'un nouveau titre. En français, si possible (même si toutes les idées qui me viennent à l'esprit sont systématiquement en anglais, c'est terrible). Se pose aussi la question des "sous-titres" : en effet, je compte publier les deux "tomes" de mon roman en un seul bouquin, avec une division en "Livre I" et "Livre II" (un peu à la Tolkien, oui oui). Il me faut donc un titre général, et éventuellement deux sous-titres pour chacune des deux grandes parties – ce n'est pas obligatoire, mais j'aimerais bien (sauf que ça implique de trouver non pas un, mais trois titres, nom d'une pipe.)


Lors de la sortie en 2011 du bouquin d'Ann C. Crispin The Price of Freedom (qui est, pour dire les choses clairement, une fanfiction au même titre que Birth of a Pirate, sauf qu'elle a été sponsorisée par Disney et se fait des couilles en or avec, la bougresse), j'ai été assez jalouse admirative de son titre. Son roman raconte sensiblement les mêmes événements que le mien (enfin, je parle de la trame générale, à savoir les (més)aventures d'un Jack Sparrow âgé de vingt-cinq ans), et je trouve son titre bien trouvé : l'idée de liberté, qui est finalement un des thèmes phares du roman (et un idéal cher à Jack, déjà à l'époque), et l'idée de prix à payer pour l'aquérir, cette liberté – autre thème essentiel, qui constitue une sorte de fil rouge de l'intrigue. Bref, j'aurais aimé le trouver moi-même, celui-là (il sonne même pas trop mal si on le traduit en français, c'est dire).

Malheureusement, les histoires de prix et de liberté ont déjà été pris, alors il faut que je me creuse les méninges, sans céder à la "facilité" de l'anglais, pour trouver LA bonne idée, celle qui collera exactement à mon histoire, celle qui attirera les lecteurs comme des mouches autour d'une crotte de chien (oui, j'aime les figures de style imagées), celle qui stimulera le mystère sans rien dévoiler... Autant dire que c'est pas simple, tout ça.

Si vous avez des suggestions, je suis preneuse, allez.